A trois heures de route d’Istanbul, proche de la Bulgarie et de la Grèce, «L’Andrinople antique (ancien nom d’Edirne) est loin d’être une morne et triste ville frontière sans intérêt», lit-on dans le guide de la Turquie Le petit futé. En effet, Edirne était la deuxième capitale de l’Empire Ottoman, après Bursa et avant Istanbul et recèle à ce titre de nombreux trésors architecturaux qui méritent d’être vus si vous êtes de passage à Istanbul. Une journée suffit, et pour les plus rapides, une demi-journée, pour faire le tour du centre-ville et la visite des plus grands monuments.
Pour y aller, c’est simple: le plus rapide est de prendre un car. Les liaisons sont assurées presque toutes les heures entre Istanbul et Edirne, au retour aussi. Voulant bien profiter de cette journée, je me suis levée à 6h, et mon car était à 9h, mais il faut prendre des navettes pour se rendre à la gare routière centrale. C’est finalement très agréable de se lever tôt le matin, c’est un des rares moments de la journée, pendant lequel on échappe à la chaleur harassante des journées de juin à Istanbul. Les rues sont désertes, pas de circulation, pas de bruit, seulement le gazouillis des oiseaux. La ville sommeille encore pendant les derniers instants de fraîcheur.
D’Istanbul, nous longeons la mer Marmara, puis la campagne. La fraîcheur n’aura été que de courte durée. Edirne, située dans les plaines, n’est pas balayée par le vent du Bosphore, et ne connaît pas l’humidité. Le climat est plutôt semblable à celui de la Provence, sec, très ensoleillé. Il y a même le chant des criquets, et les champs de blé. Les gens pique niquent dans les parcs, et y font le sieste à l’ombre des arbres, autour des grandes mosquées.
Il est facile de se repérer à Edirne, les principaux sites sont autour de la place du centre ville, le bazar et les mosquées. Je commence par visiter l’Eski Cami (la vieille mosquée). C’est l’une de plus anciennes.
Dévorée par la curiosité de découvrir la mosquée Selimiye, dont on dit que c’est une des plus belles de Turquie et sans doute le chef d’œuvre de l’architecte Sinan, malgré la soif et la faim, je me dirige vers celle-ci. Elle est construite sur une colline, on peut donc l’apercevoir de très loin, avec ses quatre minces et grands minarets à trois balcons. Elle abrite aujourd’hui, des boutiques et une ancienne medersa, transformée en musée d’art turc et islamique. C’est dit-on la mosquée ottomane la plus harmonieuse qui marque l’apogée d’une forme d’art. Construite entre 1569 et 1575, Sinan avait cru avoir réussi à construire une coupole plus large que celle de Ste Sophie. Mais il se trompait de peu, celle de Ste Sophie est un peu plus profonde. Les coupoles sont très différentes de ce que l’on peut voir dans les mosquées d’Istanbul, les peintures raffinées sont différentes. La décoration intérieure est faite des célèbres faïences d’Iznik. Le minbar est en marbre sculpté et est un des plus beaux de Turquie. Au milieu de la salle de prière, se trouve le müesli mbfili qui recouvre une petite fontaine. Celui est décoré de peintures d’un grand raffinement et qui datent du XVI°siècle.
Après avoir avalé un simit et de l’eau fraîche, je continue mes visites. Cette
fois-ci, je m’enfonce plus dans les quartiers résidentiels. Je cherche la mosquée Muradiye, qui est isolée du reste des monuments. Je traverse les rues, faites de maisons minuscules, colorées, et
vétustes. Plus loin, les maisons sont encore plus précaires, mais la vie résonne. La mosquée surplombe une plaine de champs. Elle paraît déserte et abandonnée. La porte d’entrée se trouve de
l’autre côté de la cour. Vieille de 1435, elle abrite des magnifiques faïences d’Iznik. Cette mosquée m’a fait fort pensé à ce que j’avais vu auparavant à Bursa, le bleu turquoise et le bleu
foncé mêlés à l’ocre, c’est très beau. Le reste des peintures, sont très abîmées et il n’en reste que quelques traces.
C’est là que j’ai rencontré Kiyasettin, l’imam de la mosquée Muradiye. Après avoir attendu que la prière soit terminée dans la partie réservée pour les femmes, pour visiter la mosquée, l’imam m’a offert café au lait et crackers. Ceux qui connaissent mon piètre niveau en turc seront bien étonnés, mais oui, j’ai réussi à communiquer avec Kiyasettin avec un certes un turc très approximatif, mais nous avons néanmoins passé l’après-midi ensemble. Le prochaine prière n’étant qu’à 5h, il m’a emmené faire le tour de la ville en voiture, et dans les principaux sites sous prétexte qu’il faisait trop chaud et que certaines mosquées étaient éloignées du centre. Et quand un turc vous propose quelque chose de bon cœur, il difficile, voire impossible de dire non.
C’est ainsi qu’il m’a emmené à la mosquée Beyazit II, dont la cour est en chantier. Une partie abrite le musée de la santé, anciennement un asile d’aliénés. La loge du sultan est particulièrement belle. Avant de remonter dans la voiture, nous avons déguster des cerises sur le bord du chemin. L’inconvénient de n’être plus seul, c’est que les visites sont rapides et que je ne prends moins de temps pour apprécier les lieux qui s’offrent à moi et de prendre de belles photos.
Ensuite, nous avons
visité, moi et mon guide, la mosquée aux trois galeries. Celle-ci est très surprenante et originale. Se dressent aux quatre coins, quatre minarets de formes différentes dans le ciel. La gourmande que je suis, a vu dans l’un deux, une sucette torsadée.
L’architecture de la mosquée, elle-même, est originale. Elle m’a rappelé la forme rectangulaire et non pas carrée de la mosquée Omeyyade de Damas. Cette mosquée est longtemps restée le monument
le plus imposant de l’Empire Ottoman.
Ayant visité les principales mosquées, nous faisons un tour dans le bazar. Il me propose d’acheter de nouvelles chaussures, plus pratiques à enfiler et déchausser pour les visites de mosquées. Mais n’ayant pas trouver chaussures à mon pied, il me propose finalement de goûter une spécialité d’Edirne. Ce sont des lambeaux de poumons fris, si j’ai bien compris. Je vois d’ici votre mine dégoûtée, mais je vous assure que c’était très bon!
En remerciant bien mon guide et mon ami l’imam, nous nous sommes quittés près du bazar. Me restant encore du temps pour profiter de la ville, je
décide quand même de faire un tour au musée des Arts turcs et islamiques, qui se trouve dans l’enceinte de la mosquée Selimiye. C’est un petit musée, apparemment gratuit, où sont exposés des
objets de la vie quotidienne, des armes, des souvenirs militaires, des objets des mosquées, de l’art calligraphique, etc… Je me suis posée quelques instants dans la cour du musée, pour admirer la
mosquée d’en bas, et les poans dans le jardin. Si vous en avez marre des musées, allez au moins admirer le magnifique paon et la vue renversante que l’on a sur la mosquée!
Edirne, est aussi une ville connue pour le festival international de lutte turque, organisé tous les ans, dans le courant du mois de juillet, pendant une semaine. Edirne, c’est aussi une grande ville universitaire, reconnue pour sa formation en médecine. J’ai traversé en mini bus l’un des campus, c’est juste gigantesque: une ville dans la ville. Au retour, les bus étaient plein. J’ai du attendre une heure, pour avoir une place dans un car pour Istanbul. Nous sommes finalement reparti avec une demi heure de retard, et les adieux me paraissaient interminables: les jeunes étudiants turcs mettant les petites amies dans le car à destination d’Istanbul, pendant qu’eux restent à Edirne. Ils se parlaient à travers la vitre, s’envoyaient des baisers, s’envoyer des sms. Je n’irai pas plus loin, et je conclurai en vous recommandant la visite de cette très belle ville.



mouvement hygiéniste de l’histoire
moderne, laissez-vous séduire par ces formes généreuses, ces courbes rondes mais par les gestes fluides de ces personnages. Pour ma part, j’ai été conquise. Je n’avais qu’une seule envie, en
regardant un film court sur les œuvres de l’artiste, autant ses peintures que ses sculptures, c’était de toucher, de palper les fesses des personnages, et de caresser les statues. J’ai compris
l’attractivité des formes, et pourquoi elles attisent le regard de certains hommes. Un moment particulièrement drôle, c’est quand dans le reportage, la caméra filme des habitants d’une ville en
Colombie qui se relayent jour et nuit pour nettoyer et faire briller consciencieusement la statue de Botero, d’une femme nue allongée allègrement, passant leur chiffon sur son ventre et ses
fesses rebondies, entre ses cuisses généreuses, son visage avenant et ses seins, petits et ronds. Ça doit être décontractant. 





utilisation quotidienne comme couvre lit, tout
dépend du degré de fétichisme des familles turques, pour le faire pendre au bord de la fenêtre. Le phénomène est similaire à celui de la Toussaint en Pologne, où là-bas, à chaque fenêtre de la
maison, on allume des bougies. Depuis une semaine, on observe une floraison subite de drapeaux rouges, au croissant et à l’étoile. Mais le phénomène prend une ampleur presque démesurée quant il
s’agit des bâtiments publics, écoles et universités et même privés comme les banques. Ceux-là arborent un drapeau de la taille de leur façade, il est presque comparable au drapeau qu’on fait
dérouler dans les stades de foot lors des coupes du monde. Pour le écoles, d’accord, mais les banques…! C’est au cas où on aurait oublié qu’on était en Turquie?! Réticente à tous mouvements ou
démonstrations nationales, je me suis sentie toute petite et oppressé sous ces imposants drapeaux. C’est tout simplement trop. Mais c’est facile de participer à la commémoration de la république,
il suffit de sortir son drapeau qu’il soit petit, grand ou gigantesque! 
